Crapahute in India
Carnets de route en Inde du Sud dans le Tamil Nadu et Kérala en août 2006 et Goa et Karnataka en février 2007


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Between nowhere and goodbye
Voyage au long cours
Lionel


31 juillet 11h30 PARIS

Un pied dans l'avion et le voyage en Inde a commencé... C'est un vol Air India venant des USA quasi plein... d'indiens. A côté de moi, une jolie petite indienne de 4 ans scrupte chacun de mes mouvements, me regarde avec ses grands yeux et est très fière de me montrer son passeport. Mon anglais plus qu'approximatif limite forcément la conversation mais la communication passe par le toucher. Difficile pour une petite fille de rester assise pendant 18 heures ! Je vais donc servir de 2ème fauteuil : tête, pied, bras, tout y passe.
Le voyage en avion que je n'aime pourtant pas beaucoup alternera quelques secousses et pauses tendresse, King Kong et un film Bollywood.
Arrivée à Mumbay à 23h30 heure locale... la journée commence à être longue. Après une attente de 3h, on file vers Chennaï où Jalal, notre chauffeur pour la première partie du voyage nous attend. Il est 6h du matin, le voyage se termine enfin, un autre commence.



Publié à 10:01 le aoû. 23, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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1er août CHENNAI

Le jour se lève sur Chennaï et la première impression est oppressante, la circulation nous met de suite dans le bain. Vélo, scooter, touk-touk, rickshaw, voiture, bus, camion, piéton, tout ce beau monde investit la route et c'est la fanfare des klaxons, les lignes blanches n'existent plus : tout le monde passe... comme il peut.

Havre de paix dans ce tumulte, la YWCA nous accueille pour la nuit. Après notre premier petit dej' indien à l'hôtel Savera où on fait l'apprentissage du "manger avec les doigts" un idly, jus de mangue délicieux et chaï traditionnel, on commence la visite de la ville par son temple et ses églises. C'est notre premier temple alors on est novice, forcément on tourne dans le mauvais sens, on se fait vite reprendre ! Les ornements sont très colorés du style dravidien avec un immense bassin. Incroyable ! C'est la première fois de ma vie que je vois des poissons monter les escaliers !




Après la tournée des églises (Jalal tient beaucoup à nous faire connaître tous les "monuments" de Chennaï (heureusement, il n'y en a pas beaucoup...), et plus particulièrement l'église si blanche de San Thomé d'où l'on aperçoit la mer, on bifurque à pied vers la plage et l'on découvre la pauvreté à même le sol : cabanes de fortune en bord de route constituées de 2 piquets et d'une toile plastique, hébergements dits provisoires de l'après tsunami de décembre 2004. Les femmes de pêcheurs vendent leurs quelques poissons au bord de la route.



Un masala dosa et une mini-sieste plus tard, nous voilà dans le quartier du Fort de George Town. C'est étrange, pas vraiment intéressant... seul le petit jardin de l'église St Mary's Church est le bienvenu. Nous sommes épuisés et la seule alternative à la chambre d'hôtel reste la plage de Marina Beach.


Marina Beach : jeune couple aisé cache misère et chien errant


La plage est très animée. Se côtoient jeunes couples, enfants, vendeurs en tout genre, chiens errants, joueurs de cricket... et jeunes hommes au regard très insistant malgré ma tenue XXL... Peu se baigne, beaucoup regarde simplement la mer.




Deuxième surpise du jour : on se fait photographier autant que l'on photographie ! Tout le monde veut avoir des petits français dans son album photo ! C'est quand même très rigolo cet inversement des rôles.

On est debout depuis 36h, il est l'heure d'aller se reposer !



Publié à 10:11 le aoû. 22, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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2 août / 3 août MAMALLAPURAM

Bilan de la première nuit : un réveil à 2h du matin pour grattage intempestif ! 13 piqûres au réveil malgré les précautions prises : 5/5 et spirales. Je vais devoir envisager un plan d'attaque pour parer à l'amour que me portent ces petites bêtes féroces (bilan des piqûres pour Didier, 0, comme d'habitude...) !

Départ pour Mamallapuram et premier arrêt à Dakshinachitra, un centre culturel unique dédié au mode de vie, architecture et artisanat des différentes régions de l'Inde du sud. Des démonstartions d'artisanat et spectacle pour enfants agrémentent cette visite fort instructive.




Mama... est un hâvre de paix comparé à Chennaï. On opte pour un hôtel sur la plage histoire de profiter de la vie des pêcheurs. On décide de suite de rester 2 jours au lieu d'un. Baignades, visites des différents temples de la ville incrits au patrimoine de l'Unesco, dégustation de tiger praws et lassi, longues balades et premières négociations autour d'un lunghi pour Didier qui veut se mettre à la mode indienne et chemise longue pour moi histoire de pouvoir me baigner tranquillement sans attiser tous les regards.

Et puis c'est aussi la rencontre avec la famille de Jalal qui est tout heureux de nous présenter sa femme et ses enfants chez lui autour d'un thé. C'est comme souvent, une petite maison mais où il y a un va-et-vient incessant car les indiens sont très curieux ! La maman, la soeur, les copains des petits, tout le monde vient voir ces étrangers !





Petit business derrière barbelés du Temple du rivage


Mama... est la ville où se fabrique les statues, la ville de la pierre. Ici, les ateliers ne sont pas couverts, on travaille par terre, sur le bas côté de la route. C'est un spectacle de sons, d'odeurs... où l'on resterait des heures à regarder la sculpture prendre forme.



Instantanés :

- 2 août 17h : deux jeunes français faisaient une course à cheval sur la plage en bord de mer, alors remplie de familles et de baigneurs. Un chien errant traversa devant un cheval, le cheval fit une pirouette et le jeune homme tomba. Il va bien. Le cheval est mort. Plus tard, dans la nuit, avant qu'il ne soit enlevé le lendemain matin, la mer l'emporta.

- 3 août 20h30 : Didier est sorti fumer une cigarette et nous devons nous retrouver au restaurant. Didier a refermé la porte sur lui et a "oublié" que le loquet allait m'enfermer à l'intérieur. 3/4 d'heure plus tard, je suis en nage, je hurle, je frappe, personne ne m'entend. J'ai mangé toutes les réserves de chocolat. Dommage pour lui, il n'a qu'à arrêter de fumer !



Publié à 10:55 le aoû. 21, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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4 août PONDICHERI

On quitte Mamallapuram avec un petit pincement au coeur mais heureux de continuer notre découverte de l'Inde.



Le long de la route, des marais salants nous rappelle vaguement l'île d'Oléron mais les conditions de travail ne sont vraisemblablement pas les mêmes...

Didier tient à aller à Auroville, pas moi. Je sens que cette belle utopie est aujourd'hui un repère de bobo en mal d'exotisme et de "zénitude" mais bien attaché à son petit confort... j'en aurai la confirmation un peu plus tard. En attendant, je suis impatiente de quitter ce milieu fermé pour retrouver la vraie vie...




On arrive à Pondichéri en fin de journée et c'est de nuit que l'on découvre la ville. S'en dégage une belle atmosphère, des ruelles calmes aux jolis balcons en fer forgé du quartier sud (français et musulman) aux rues vivantes et colorées de la ville noire... se côtoient avec courtoisie toutes les nationalités, cultures et religions.


On longe la digue, c'est le rendez-vous des locaux. Des tas de sable pointent, peut-être sera-t-elle un jour une plage ?



Quand digue veut devenir plage...


Instantané :


- 22h : un camion déambule dans les rues commerçantes, est assis à l'arrière un monsieur qui chante sur une bande enregistrée. Le son est très mauvais et très fort. Devant et derrière le camion, des dames marchent doucement, passant vers les habitants, pour récolter un peu d'argent pour les aveugles.



Publié à 11:54 le aoû. 20, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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5 août PONDICHERI / CHIDAMBARAM

On se lève tôt pour profiter de Pondichéri et on reparcourt la ville de jour, c'est fou comme les ambiances peuvent être différentes de jour et de nuit mais j'aime tout autant ! On découvre entre autre une architecture coloniale très présente. Mais c'est rassurant de faire marcher notre imaginaire et voir finalement que la vie se passe autrement, que tout n'est pas figé...



Il fait une chaleur accablante mais ça n'empêche pas la ville de grouiller, avec plus ou moins d'insistance selon les quartiers. Quoi qu'il en soit, j'aime vraiment les dualités qui s'en échappent : noire et blanche, calme et grouillante, ville et mer...

On part en début d'après-midi à la recherche d'un endroit calme pour se tremper. Chunnambar est à 8 km de Pondi, un village constitué de huttes disséminées parmi les bananiers et les cocotiers. Au bout du village, la route se termine sur la plage... pêcheurs qui démêlent leurs filets sous les cocotiers, des barques colorées, les enfants jouant sur la plage, les vieux qui discutent en jouant aux cartes : le cliché du village de pêcheurs indien du bord de mer dans un décor de rêve ! Et bien oui, ça existe et pas seulement en carte postale ! Finalement, ce n'est que la vie indienne qui se déroule... tranquillement.


Chidambaram est tout le contraire. C'est une ville bruyante recentrée autour de son temple. On ne fera y passer que la nuit, bien suffisante après la visite du temple gigantesque, de style dravidien aux multiples couleurs.  On comprend pourquoi les indiens vont au temple, c'est un lieu tellement reposant dans le brouhaha quotidien, aussi on y mange, téléphone, mendie... comme dehors finalement. Evidemment, pas seulement, là je réagis en parfaite athée !



Jalal est allé au cinéma voir un film Tamoul pendant que nous faisons la chasse à des milliards de fourmis qui ont investis notre chambre, coincée entre une usine d'embouteillage et la gare des bus, mais avec la clim ! La nuit s'annonce prometteuse (car depuis le Portugal, j'emmène partout mes boules quiès !!!) !


Publié à 12:13 le aoû. 19, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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6 août TANJORE

La route pour Tanjore est longue car complètement défoncée sur plusieurs dizaines de kilomètres mais elle traverse une région très verdoyante, au moins on a le temps d'apprécier le paysage ! Huttes en dur ou non, cocotiers, bananiers et indiens à pied : on ne fait pas 100 mètres sans croiser ou doubler un indien, c'est sûr, le désert n'existe pas ici !



On fait quelques haltes bien profitables dans les temples alentours (et leurs jardins aussi...) mais le joyau reste quand même indiscutablement le temple de Tanjore ! Tout s'y pratique : photo sur l'éléphant, on écoute de la musique, on se prélasse. Nous, on en profite pour au moins une fois se faire bénir. On fait la queue comme tout le monde et on ressort avec notre trait de Vishnu sur le front. (Bon, je sais que je vais choquer les "croyants", mais je n'y peux rien, c'est comme ça !)



Instantanés :

18h30 : Au temple, les indiens en nous voyant se précipitent encore une fois pour être pris en photo avec nous, Didier va même jusqu'à porter un bébé, terrorisé d'être dans les bras d'un inconnu et blanc en plus...

21h : Il y a beaucoup de bruit dans la rue, on sort voir ce qui se passe... un meating politique ! Et là, c'est le kitch dans tous ses états : podium, guirlandes lumineuses... ne manque que la boule à facettes ! Les politiciens resteront plusieurs heures assis en rang d'oignons alors que les locaux passent, s'arrêtent parfois puis reprennent leur chemin...





Publié à 12:49 le aoû. 18, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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7 août TANJORE / TRICHY

Ce matin, pas de temple mais l'Art Gallery du Marata Palace Muséum et le Sarasvati Mahal Muséum de Tanjore. De magnifiques sculptures en bronze sont installées dans un ancien palais de Maharadja. Quand au musée, à part une pièce ouverte toute en colonnes colorées et un plafond superbe, il est très pauvre. Surprise, la librairie est plutôt intéressante. Installés l'un à côté de l'autre, c'est une partie de Tanjore très reposante...



Une heure de route pour rejoindre Trichy et son temple extraordinaire. Plus nous avançons dans le voyage, plus les temples sont fabuleux. Une visite guidée s'impose, elle nous permet de rentrer dans des zones inaccessibles aux non-hindous car nous sommes accompagnés. Le temple fait 22000 m2 et des centaines de gens y vivent, c'est une ville dans la ville, "le quartier" tranche complètement avec le reste de la ville, il n'y a pas un intérieur mais des intérieurs, des cours, porches, cours couvertes où que l'on regarde.







Rénovation à l'Art Gallery



En fin de journée, nous gravissons les 417 marches du Rock Fort Temple pour admirer le coucher du soleil sur la ville. C'est magnifique, nous avons enfin une vue d'ensemble sur les environs. Un orage menace d'éclater ce qui donne une atmosphère toute particulière au sommet du roc : vent fort, lumière contrastée de noir et orange et à la fois plénitude de la foule qui se presse dans les deux temples pour se faire bénir.





Publié à 01:50 le aoû. 17, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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8 août CHETTINAD / RAMESWARAM

La route s'annonce longue jusqu'à Rameswaram alors nous la ponctuons de plusieurs arrêts ce qui nous permet de découvrir un peu la région de Chettinad.

Le premier se trouve à Tirumayam où se dresse un fort sur un rocher qui domine le village. Fatigués d'avance à l'idée de grimper sous 40°, nous préferons nous promener dans le village où un gentil monsieur nous fera une visite guidée du temple, construit à même le rocher.




Nous reprenons notre chemin, croisant toute sorte de véhicules motorisés ou non, des chèvres, ânes, vaches qui se promènent librement sur la route. N'oublions pas que les vaches sont sacrées alors les indiens en prennent soin ! Et puis tout à coup, le contraste est étonnant avec ce que l'on a vu jusqu'à maintenant. Nous sommes au Palais de Chettinad, ancien palais d'un raja du 19ème et l'architecte a particulièrement soigné les façades et les cours intérieures : marbre, colonnes, escalier en colimaçon, tout est superbe ! C'est aussi d'un calme absolu et le reste du village évoque le même sentiment. Quelques très belles maisons laissent apparaître le passé prospère de cette mini-région.



L'arrivée sur l'île où est situé Rameswaram par le pont M.Gandhi est impressionnant ! La vue est spendide et l'on prend peur lorsque l'on voit que les rails sont si près de l'eau ! On imagine qu'en temps de grosses vagues, le train ne passe pas sinon c'est frayeur assurée !



Rameswaram est exactement ce que j'aime. Un gros village accueillant autour de son temple où l'on ressent une sérénité immédiate, ce n'est pas un haut lieu de pélerinage pour rien ! Partout dans les ruelles du village principal ou du village de pêcheurs, les gens sont adorables, souriants, prévenants... et comme toujours les séances photos déclenchent des explosions de joie !



Ici, les touristes ne sont pas les occidentaux mais les indiens en pélerinage, tout est conçu pour eux, on peut donc déambuler tranquillement quasi incognito. Ce soir, nous dormirons au bruit du vent et de la mer, bercés par le chant des indiens que l'on entend au loin, c'est quand même bien plus agréable que les concerts de klaxons !





Publié à 05:46 le aoû. 16, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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9 août RAMESWARAM

Ce matin, nous sommes allées au bout du monde. Un endroit qui se mérite. 22 km de Rameswaram au bout d'une langue de sable se terminant par des îlots, en face du Sri Lanka. Après des négociations serrées avec un chauffeur de camion qui doit nous emmener (on passe de 800 Rs à 70 Rs !), on monte dans un camion de 12 places en fiction, de 28 en réalité. S'en suit un parcours cahotique dans la lagune... complicité avec les autres voyageurs pour la plupart pélerins car la baignade au Adam's Bridge est sacrée, paysage désertique d'où quelques huttes de pêcheurs surgissent ça et là. C'est à cet endroit que l'océan indien rejoint la mer d'Oman et le Golfe du Bengale. En 1964, un cyclone a tout ravagé et le pont avec, on aperçoit au loin quelques vestiges.



Alors que les pélerins se trempent dans l'eau sacrée, nous tentons une baignade dans des lagons apparemment paisibles mais aux courants finalement redoutables.



Au retour, nous ferons quelques arrêts pour prendre des locaux et les emmener au village, j'arrête de compter... nous sommes maintenant dehors, assis sur une planche à l'arrière du camion d'où l'on peut admirer le paysage spendide tout en mangeant du sable ! Les ruines d'une ancienne église apparaissent au loin, un viel indien bénit avec l'eau du puit les pélerins, quelques chèvres se sont égarées...







Le bout du monde est là, il porte bien son nom...

En fin d'après-midi, nous nous dirigeons vers le temple pour assister aux bains. C'est étonnant, tout le monde vient avec sa gourde ou sa bonbonne pour emmener de l'eau sacrée en plus des bains pris au temple. C'est une religion qui nous est si éloignée que je vais de ce pas lire un peu plus de documents sur l'hindouïsme histoire d'avoir des clés de compréhension. Ce temple est assez différent des temples visités jusqu'à maintenant. D'immenses corridors le cernent et toute une partie est dédiée aux bains avec 20 sources différentes. Rameswaram est la 2ème ville de pélerinage en Inde, on comprend après cette journée entourée d'eau sacrée, pourquoi.






Publié à 12:33 le aoû. 15, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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10 août MADURAI

C'est parti pour 4 heures de route après un léger détour de 3 km pour monter sur la colline d'où se dresse un petit temple histoire d'avoir une vue alentours.



Arrivés à Maduraï, on file au Tirumalaï Nayak Palace où l'on découvre un palais indo-mauresque en chantier pour rénovation. Malgré tout, on entrevoit la grandeur et la beauté de ce palais au nombre de colonnes impressionnant. A part cela, il ne reste pas grand chose à voir...

Fin d'après-midi comme souvent, nous nous dirigeons vers le fameux temple Sri Meenakshi où une énorme averse nous prend de cours alors que nous venons de rentrer dans les immenses corridors extérieurs. Elle crée finalement une ambiance assez intime, tout le monde se réfugie là où il peut et attend.



L'intérieur du temple est immense et assez compartimenté avec au centre un bassin toujours utilisé. C'est un vrai labyrinthe, facile de s'y perdre... en plus les 4 portes extérieures sont identhiques donc... on s'y perd nous aussi. Il règne comme d'habitude une atmosphère de tranquillité alors que le temple est bondé.



Après un bon repas avec Jalal, sur le toit de l'hôtel Suprême d'où l'on domine le temple (visiblement, il n'a pas l'habitude de manger autre chose que du riz car il commande un fried rice et on ne l'a toujours vu manger que... du riz), on quitte l'Ambassador et Jalal pour un train de nuit qui nous emmène dans le Kérala. Fin du voyage dans le Tamil Nadu et ses temples superbes !

Instantané :

19h : En plus des bains, les indiens se font bénir par les éléphants. Contre une pièce que l'éléphant attrape avec sa trompe, il donne une petite tappe sur la tête du futur béni.



00h : Nous sommes dans le train, sur nos couchettes sleeper class, avec les ventilos à 40cm de nos nez. Nous avons pris 2 billets Maduraï-Trivandrum alors que vraisemblablement, le train va jusqu'à Quillon, ce qui nous arrangerait puisque l'on veut aller à Varkala et c'est plus près de Quillon ! Le contrôleur arrive, on lui explique notre cas et celui-ci nous dit que le train s'arrête à Varkala, sauf que cela nous coûtera 80 rs / 35 mn pour le complément de billet (pour info, le billet initial coûte 175 rs / 6h de trajet et le complément 10 rs), puis tout à coup alors qu'il vient de nous annoncer çà, il part et on ne le reverra pas de la nuit !
On arrive au petit matin à Trivandrum où l'on ne sait pas trop quoi faire :
- courir chercher un ticket mais risquer de rester sur le quai (on ne sait pas combien de temps le train reste en gare et les indiens sont flous sur le sujet)
- rester dans le train et attendre de voir le contrôleur qui va nous taxer de 160 rs.
Très gentiment, un monsieur qui n'a pourtant pas le sourire nous demande 20 rs et va nous chercher 2 tickets. On lui offrira un gâteau mais il n'en veut pas : de la pure gentillesse, sans contrepartie.
En descendant du train, on aperçoit un écriteau affiché dans le train qui dit en gros "merci de prévenir les autorités si un contrôleur abuse de son rôle en vous extorquant". On n'a pas revu le contrôleur, tant mieux.



Publié à 01:27 le aoû. 14, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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11 août VARKALA

On débarque enfin du train vers 9h où l'on croise Lydia qui voyage en Inde depuis 1 mois et demi. On partage un rickshaw jusqu'au Golden Beach sur le sud de la falaise qui nous convient parfaitement, une belle maison kéralaise au milieu des palmiers et une plage privée magnifique. En plus, on lie connaissance avec Sunil, le manager qui nous donne plein de tuyaux.



On saute dans nos maillots de bain et direction la plage : des vagues énormes... on se mouille plus qu'on ne se baigne mais ça fait tellement de bien ! Le site est grandiose : des falaises rouges assorties d'une végétation luxuriante, un éléphant mange de l'herbe dans un jardin, les oiseaux happent les petits poissons échoués sur la plage, le bruit des vagues, le sable fin : un paradis sur terre ! On se découvre avec Lydia une même passion pour la danse contemporaine, vont suivre de belles discussions.



Vers 17h, on se dirige vers North Cliff, la zone touristique pour tenter de trouver un tee-shirt basique (ce qui n'est pas une chose aisée en Inde !). Vu que l'on est hors saison et que le site est grandiose, la zone touristique reste tout à fait supportable ! Nous avons à peine le temps de monter sur une terrasse d'un café que la tempête arrive. En 10 minutes, le ciel s'est assombri, est devenu noir et tout à coup, on ne voit plus la mer pourtant si proche. Tout est blanc, tout vole. Une heure plus tard, c'est fini, la pluie cesse. C'était notre première expérience de la mousson ! D'après les locaux "dimanche, c'est fini !"



On retrouve Lydia et Sunil et on refait le monde dans le hall de l'hôtel autour de la bouteille de Chartreuse. Sunil nous fait alors une proposition : si son patron est d'accord, il lui emprunte sa voiture et nous emmène 6 jours à la découverte de sa région : Munnar. On attend maintenant l'autorisation et le prix !

Instantané :

10h30 : On est sur la plage en train de bavarder lorsqu'on aperçoit au loin trois indiens qui font un drôle de trafic avec un lungui rose fuschia. Curieux, on s'approche et là, quel spectacle !
Ils attendent la vague qui va ramener vers la plage tout un tas de petits poissons, les attrapent avec le lungui et les ramènent un peu plus loin dans un trou prévu pour accueillir les petits poissons gigotants. Lorsqu'ils en ont assez, ils les remettent dans le lungui, font un noeud et direction la poêle à friture !







Partie de pêche - kewego
Partie de pêche - kewego

Partie de pêche - kewego
Partie de pêche au lungui à Varkala, Inde du sud.
   
   
       


12 août

On est tellement bien ici que l'on décide de rester un jour de plus pour visiter les environs et en particulier le lac de Varkala où Sunil nous recommande une balade en bateau.

On commence la journée par la plage mais on arrive trop tard pour le spectacle des pêcheurs au lungui, dommage ils voulaient nous initier ! On se décide d'aller au village de pêcheurs un peu plus au sud dans l'idée de négocier quelques tiger prawns et les faire au barbecue ce soir à l'hôtel... nous voilà donc partis à travers les ruelles chatoyantes, on croise beaucoup de femmes et d'enfants très intrigués de nous voir déambuler, c'est à nouveau des séances photos assez drôles.



Après beaucoup de photos et de bavardages, on s'arrête boire le thé chez Sunil où sa femme et ses enfants nous attendent. Quelques échanges en anglais et beaucoup de sourires, c'est agréable de se sentir le bienvenu...



Enfin arrivés au village de pêcheurs constitué d'une cinquantaine de huttes en bord de plage et d'une quinzaine de pirogues, on tente de trouver nos super crevettes mais il est trop tard, tout est déjà parti dans les restaurants depuis longtemps. Les pêcheurs sont tranquillement en train de démêler leurs filets, mangent quelques bananes ou font la sieste. Ils ne sont ni contents, ni hostiles, juste indifférents à notre passage.

Et là, l'aventure commence !
On décide de rentrer par la plage... sauf que l'eau est haute, il y a des rochers assez importants, une mer agitée... mais ça ne nous fait pas peur ! On va crapahuter à travers les rochers, courir entre deux vagues pour traverser des criques quasi inondées, grimper pour se protéger des vagues... en tong bien-sûr avec nos sacs pas étanches du tout... de parfaits touristes en mal de sensations !


En plus, le ciel menace, comme hier. Il commence à pleuvoir, il reste encore au moins un kilomètre avant de rejoindre les escaliers qui remontent à l'hôtel... on est mal...
Tout à coup, miracle, la civilisation reprend le dessus sur la nature magnifique et sauvage... une crique, un escalier qui rejoint un resort. On monte l'escalier 4 à 4, on est sauvé ! Bon, je rigole, en fait cette fois, il fera un "crachin breton" et c'est tout !



On repart dans le North cliff avec Lydia faire les boutiques et négocier un massage ayurvédique chez Dayiana pour le lendemain alors que Didier fait "des affaires" avec Sunil. Et on mangera les meilleures crevettes de Varkala !

Instantané :

15h30 : On fait beaucoup rire les indiennes car Lydia et moi avons mélangé tous les codes indiens autour des bijoux. Petit exemple autour des chaînettes du pied :
- femme célibataire : pas de chaînette
- femme mariée : 2 chaînettes identiques
Lydia est célibataire mais a 2 chaînettes différentes et moi qui suis considérée comme mariée, je n'ai qu'une seule chaînette.
Bref, de quoi s'y perdre !

Nos prénoms à tous les trois les font beaucoup rire également, c'est imprononçable pour elles tellement ils sont proches au niveau de la sonorité : Elodie - Didier - Lydia. Impossible de s'en souvenir !


13 août

Aujourd'hui fut ce que j'appelle une journée "loose" où tout marche de travers, bon il en fallait bien une ! Heureusement, on a remonté la pente en fin de journée...

Ca a commencé ce matin. Sunil nous avait chaudement recommandé une balade en bateau à Kupil, 7 km de Varkala. Alors qu'il nous incitait à prendre un rickshaw, on a insisté pour y aller en bus... on a raté le bus qui est pourtant passé devant notre nez, on a donc fini en rickshaw. Arrivés sur place, 2 barques, 3 pédalos et 3 duck single se battent en duel... on comprend qu'on aura une belle barque en plastique et que les rameurs, c'est nous... on ne se l'était pas imaginé comme ça ! Pour le coup, les conseils de Sunil s'avèrent un peu foireux...


La bonne nouvelle, c'est qu'il se met à pleuvoir... on attend 1/4 d'heure et peu enjoués à l'idée de ramer sous la pluie, on prend le bus pour rentrer. Ce dernier nous laisse à la gare, on n'a pas beaucoup d'entrain mais... on finit à pied, 4 km sous la pluie dans l'espoir d'attraper les derniers croissants au chocolat de la German Bakery a North cliff. On arrive enfin, trempés, et des croissants au chocolat, il y en a encore... sauf que ce sont des german croissants au chocolat et pas des french croissants au chocolat ce qui fait toute la différence ! Je teste le lassi au café et là aussi, grosse déception...

Il faut changer le cours des choses !!!


Bénédictions et offrandes sur la plage centrale


Que faire lorsqu'il pleut ?
- les boutiques tibétaines à Varkala, capitale du Tibet bien évidemment !
- un massage ayurvédique en écoutant le bruit des vagues et en se faisant tirer les doigts de pied
- un apéro royal : un vrai fresh mango juice
- un bon grilled fish
C'est beaucoup mieux comme ça !

Et puis, entre deux boutiques, Lydia rencontre Fabrice qu'elle avait croisé un mois plus tôt dans le nord, on finit tous les 4 dans le hall de l'hôtel avec Sunil et la Chartreuse (on ne change pas une soirée qui gagne) et on fignolle notre future aventure montagnesque à 5 et non plus à 4. La voiture est pleine, on ne prend plus personne...




Publié à 02:21 le aoû. 13, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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14 août ALLEPEY

Je suis sous la douche lorsque j'entends Sunil dire à Didier qu'il y a un problème avec notre petite organisation... son patron ne veut plus qu'il prenne la voiture car elle n'est apparemment pas assurée pour les autres états... il nous propose donc de partir avec un autre chauffeur et une Ambassador pour le même prix qu'il dégote en 3mn chrono... de toute façon on n'a plus le choix, le train pour Allepey est parti et la bougeotte est revenue pour tous les quatre. On embarque donc avec Datheesh qui parle 3 mots d'anglais et on laisse un Sunil très déçu de nous voir partir sans lui... en même temps, le doute s'est un peu installé... on ne sait plus vraiment si Sunil pensait réellement venir avec nous ou si tout cela n'était qu'une façon de nous "vendre" une location de voiture... on ne le saura jamais...
Quoi qu'il en soit, on a passé quelques jours géniaux à Varkala alors on ne garde que les bons souvenirs.







Arrivés rapidement sur Allepey, on négocie un joli petit bateau pour nous quatre
pour nous balader sur les backwaters. Cette fois, la chance est là, la pluie s'arrête dès que l'on met un pied dans le bateau et reprendra sitôt la balade terminée ! Seul subsiste un léger crachin de temps en temps...








Les backwaters sont un monde à part. On déambule sur les petits et grands canaux où vivent des locaux parmi les cocotiers, rizières, bananiers. Tout cela vu du bateau est très pittoresque, pourtant, on s'aperçoit rapidement que les conditions de vie sont difficiles. L'eau des backwaters sert à tout : se laver, boire, faire la lessive, faire la vaisselle, se déplacer... la beauté du site masque une réalité moins agréable pour les indiens... Plus pour Fabrice et Didier qui en profiteront quand même pour faire trempette !





Après ce temps si paisible, on continue sur Cochin pour y passer la nuit. Pour la première fois, on a de l'eau chaude et une baignoire pour un prix dérisoire ! Comme on ne tient pas en place, on part visiter Fort Cochin de nuit, on se fait avoir par un rickshaw malhonnête qui nous prend un prix exorbitant et ne nous laisse pas du tout où on lui a demandé (prix exorbitant... relativisons 0,40 €). On finit par trouver un resto encore ouvert et avant d'avoir pu dire ouf, on se prend une averse qui nous mouille en 3 secondes ! On s'en fout, on a de l'eau chaude !!!

Instantané :
23h : Je me précipite dans la chambre, trempée (l'achat de parapluie est pour bientôt !), pour me faire couler un bain... Et là je déchante, il faut 1h pour remplir 1/3 de la baignoire donc l'eau finit par être froide : je prends donc  1/3 de bain froid !



Publié à 04:29 le aoû. 10, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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15 août COCHIN

Jour de l'indépendance ! On s'attend à ce qu'il y ait de l'ambiance dans les rues... à part 3 pétards mouillés et quelques drapeaux, rien !





On n'a qu'une journée à Cochin alors on se concentre sur Fort Cochin et Mattancherry, les vieux quartiers. On sillonne des ruelles très animées, colorées où l'architecture coloniale pointe son nez à tous les coins de rue. Et puis on est devenu des pros de la mousson, on marche au rythme des averses : à chaque averse, une visite, une boutique, un verre, un thali... On s'en sort parfaitement bien, les parapluies que l'on s'est enfin acheté ne servent finalement à rien ! C'est ainsi que l'on visite la synagogue (pas très intéressante) et le Dutch Palace qui l'est beaucoup plus, les fresques et en particulier les fresques érotiques sont encore très bien conservées et très belles. On commence l'achat des épices à Mattancherry : cardamome, vanille, masala tea sont dans nos sacs et les garçons se laissent happer par une partie de karom acharnée !



Notre visite de Cochin s'arrête là... c'est très court mais finalement chouette de rester sur une très belle impression sans découvrir les mauvaises façettes des villes comme Ernakulum.

Instantané :

17h : on se fait un grand plaisir, on assiste à un spectacle de Katakhali et à sa séance de maquillage, on restera finalement au spectacle de danse indienne qui suivra. Toute une soirée de spectacles très différents de ce qu'on a l'habitude de voir ! Les maquillages, personnages, travail sur le corps sont une nouveauté et on est médusé... apparemment on a eu la chance d'assister à deux spectacles de grande qualité, tant mieux !












Publié à 05:01 le aoû. 9, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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16 août MUNNAR

Voici notre équipement pour notre "aventure montagnesque" le 15 au soir :
- du linge mouillé (forcément avec la pluie il n'a pas eu le temps de sêcher)
- des tongs pour moi et Didier
- des vêtements légers à manches courtes, une veste de survet'
- un parapluie chacun
... ça promet... on harcèle notre hôte et finalement on partira à 7h30 du matin avec du linge sec et repassé !

La mauvaise nouvelle est que le chargeur de l'appareil photo a lâché ou l'appareil lui-même, on n'en sait rien vu que la batterie est vide, je passe donc à l'argentique.



La route de Munnar est superbe même sous la pluie, une enfilade de cascades ponctue les 4h de routes. A Munnar, il fait un temps de chien, il pleut des cordes, le ciel est blanc, on ne voit pas à 10 mètres et il fait froid, le brouillard laisse à peine entrevoir la beauté du paysage et des plantations de thé. Sunil nous avait prévenu mais on n'a pas voulu le croire !

On passe l'après-midi à courir d'une échoppe à l'autre en recherche d'épices, de thé, d'un kway pour moi, de chaussettes (avec les tongs, ça fait style !), de bonnets pour les garçons, tout cela entrecoupé de multiples pauses thé pour se réchauffer. On trouvera même du chocolat home made à la noix de cajou, noisette et raisin, noix et dattes, évidemment on saute dessus et on en fait un stock pour la suite du voyage ! Au moins, là il ne fond pas !





Désespérant de la pluie, on finit par acheter un jeu de cartes et on le sort dès que l'on s'arrête boire un thé ou manger, on garde notre bonne humeur autour d' un 8 américain ou du tas de merde !


Evidemment vu le temps et les pieds gelés, on a demandé des couvertures et de l'eau chaude à l'hôtel, lorsqu'on arrive : personne à la réception, l'hôtel est à nous, mais on a froid !!! Et là, Fabrice a l'idée du siècle : il sort de son énorme sac de cadeaux des draps en soie et on se réfugie tous les 4 dessous, en continuant nos parties de cartes en attendant nos hôtes... A 00h30, toujours personne, on va se coucher tout habillé sous les tissus que l'on a acheté. Malgré tout, l'humidité et le froid me gagneront rapidement alors que Didier dort comme un loir. A 4h30, le muezzin résonne... il est 7h30 lorsque j'écris ces lignes, dehors il fait le même temps qu'hier, j'espère que la bonne humeur va rester à l'ordre du jour.


Publié à 06:23 le aoû. 8, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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17 août MUNNAR / METTUPALAYAM

On pensait avoir froid aujourd'hui et bien on a eu chaud !
Après un petit dej' royal de patisseries histoire de compenser cette nuit maudite, on part en direction de Mattupety Dam où il pleut toujours (Fabrice m'a prêté une paire de basket trop grande mais très chaude ce qui change tout !). La route est fantomatique, d'épais nuages et de la brume envahissent les collines, on devine à peine les plantations, encore une fois. Le lac doit être très beau sous le soleil !



La route est longue jusqu'à Mettupalayam où l'on veut prendre le train à vapeur demain matin pour Ooti. Etrangement, dès que l'on sort de Munnar, le ciel se découvre et l'on admire un paysage ciselé de main de maître : plantations, cascades, forêts, routes sinueuses, tout à coup c'est magique : tout apparait alors que c'était si caché hier !



Passé la frontière du Tamil Nadu, la réserve de Chinna et le Parc M.Gandhi où une horde de macaques nous attend à l'entrée (on a appris aussi à fermer les fenêtres rapidement car ces jolis macaques ne sont pas si gentils qu'il y parait), le soleil se dévoile et il fait même très chaud. On retrouve le Tamil Nadu avec bonheur pour une soirée avant la soi-disante fraicheur d'Ooti. Mettupalayam est une ville très commerçante et très bruyante autour de son artère principale. Lorsqu'on s'en échappe, il règne rapidement un calme absolu dans les ruelles environnantes et l'on pourrait presque se croire en France : maisons assez cossues, balcons... très inattendu ici !

Instantané :

22h : Je fais rapidement le compte de nos dépenses de la journée, on a battu aujourd'hui le record du plus petit budget hôtel / nourriture : 231 rs soit 4 € pour deux, et on ne s'est pas privé ! (Didier a juste aperçu un cafard énorme dans la salle de bain, derrière le baquet !)



Publié à 06:51 le aoû. 7, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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18 août OOTI / MUDUMALAI / MASINAGUDI

Hier soir, on est arrivé 10 minutes trop tard pour la réservation de train et Fabrice s'est dévoué pour se lever à 5h15 ce matin pour aller acheter les billets. Il nous réveille à 6h15 les billets en main, on saute dans nos fisherman, on boucle les sacs et on court à la gare. Le train vient d'arriver, il est 6h40 (il part à 7h10), en 2 secondes, il est complet, archi-complet (ce qui veut dire, les rangées pleines de gens debout pour un voyage de 5h). On essaye de négocier des places en 1ères mais impossible, on reste sur le quai avec nos 4 tickets. Du coup, on retourne à l'hôtel et on campe dans la cour avec nos p'tit dej préparés soigneusement la veille.

Instantané :

7h : tout à coup, je me dis que Dadeeth doit nous prendre pour des fous... je résume : on a une voiture avec chauffeur pour 6 jours et quelques 900 km (30 km/h en moyenne), on décide de se lever à 6h du mat' pour prendre un train qui met 5h pour faire 46 km alors que lui va faire le même trajet en voiture en 1h30, et finalement, on reste sur le quai de la gare. On va donc monter en voiture. Et puis, on pourrait tranquillement déjeuner à une table du restaurant mais on préfère s'assoir par terre dans la cour entourés des balayeuses. C'est tout !
Bon, n'empêche que depuis ce matin, il s'est déridé !



Finalement, on a carrément pris de l'avance puisqu'à 9h, on est à Ooti. On passe la matinée au marché qui est très agréable, des tas d'échoppes colorées en tout genre. Vu que le beau temps est avec nous (on enlève nos couches de vêtement au fur et à mesure) malgré les 2400 mètres d'altitude, il nous semble judicieux de monter au Pic de Nilgiri à quelques 10 km afin d'admirer les plantations de thé et d'épices. On monte, on monte, le ciel se couvre... on sort de la voiture, on fait 200 mètres et des trombes d'eau s'abattent sur nous ! Incroyable, tout est blanc, on ne voit strictement rien !!!





Trempés, on redescend sur Ooti où l'on s'arrête au marché des tibétins très décevant. On se dit alors qu'il est temps de continuer la route. Il y a 36 km pour rejoindre Mudumalai, ce qui devrait être rapide ! Grosse erreur ! Ce ne sera pas rapide du tout car Datheesh s'est trompé de route (mais personne ne veut me croire quand je le dis... bouh) et on va subir une route complètement défoncée avec des trous de 50 cm de profondeur pendant 3h. Mais contre toute entente, on voit enfin des cueilleuses de thé ! On arrive tout cabossé (la voiture aussi a raclé plus d'une fois malgré la dextérité de Datheesh) à Theppakadu où l'hôtel affiche complet. On remonte péniblement dans la voiture et l'on prend la route que nous aurions du prendre (en sens inverse bien-sûr). Le premier village à 7 km s'appelle Masinagudi et l'on se dit que finalement la chance est avec nous, le village s'annonce charmant !





On repart illico à la découverte du village avant que la nuit tombe et on est abasourdi par la beauté et l'esthétisme des maisons. Elles sont toutes peintes avec beaucoup de goût, de manière très originale et les habitants sont tout sourire. Visiblement, ils ne voient pas beaucoup d'occidentaux dans le coin. Au loin, on entend un brouhaha sourd, de la musique qui s'échappe d'un haut parleur sur le toit d'une maison, on se rapproche, un habitant nous fait traverser sa cour et on est happé par des hommes en blanc qui nous souhaitent très chaleureusement la bienvenue. Ils nous tendent des chaises, on s'assoit et on regarde : on est dans une église de pentecôtiste et on est en pleine convention, c'est à dire des concerts de chants religieux entrecoupés de temps de parole. L'atmosphère est indescriptible, ou alors peut-être qu'on peut dire que c'est du gospel indien !



On s'attarde un peu puis on va manger un des meilleurs biryani pour trois fois rien au "Dreamland". On est épuisé par la journée et  les garçons abandonnent l'idée de se lever à 5h du matin pour aller dans la réserve : demain on fait grasse mat' ! Malgré tout, on aura vu quand même quelques animaux en traversant la réserve de Mudumalai : éléphants, buffles,  singes... et à cette heure, c'est les moustiques que je vois m'attaquer !



Publié à 07:13 le aoû. 6, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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19 août MASINAGUDI / MYSORE

Le hasard fait vraiment bien les choses. Ce matin, on est tout heureux d'être dans ce village. Pendant que Didier s'achète un marcel, essaye de trouver du Bob Marley chez le disquaire et rafle tous les pains coconut, que Fabrice récupère de son réveil de la veille ultramatinal, Lydia et moi nous enfonçons gaiement dans les ruelles du village afin de retrouver les belles maisons colorées aperçues la veille.





"What's your name ?", "Where do you come from ?" résonnent à nos oreilles constamment ! Tout le monde sort dans la rue pour nous voir, encore une fois, nous sommes l'attraction du village ! Après la légendaire série de photos, nous sommes invitées à boire le thé dans la plus belle maison, on est tout intimidé ! Du barbier ravi qu'on s'intéresse à lui au monsieur qui nous refait passer dans sa cour, tous sont adorables ! C'est un vrai bonheur d'être ici ! On s'éternise un peu car autant dire que nous avons du mal à partir... mais nous devons rejoindre Mysore.



Après avoir traversé la réserve de Bandipur où l'on aperçoit quelques paons et toujours les mêmes macaques, Mysore nous fait un très bel effet dès l'arrivée. On hésitait à rester jusqu'au moment du départ à Chennaï, finalement, on décide de prendre le temps de découvrir la ville et faire les derniers achats...

Datheesh nous emmène à Srirangapatra à une dizaine de kilomètres de là. C'est une énorme forteresse dans laquelle existe encore un temple, une mosquée et des habitations. Rien d'exceptionnel. Par contre, un peu plus loin, le palais du sultan Teppu vaut le détour ! Une architecture arabe, fresques de batailles très belles, des murs et plafonds en moyen état mais où l'on devine la qualité des travaux réalisés. Autour, un jardin anglais ! Hallucinant ! C'est un lieu tout à fait atypique et inattendu dans cette région. En même temps, on s'est habitué à voir tout ce que les anglais, danois, français, arabes... ont apporté et c'est ce qui fait la richesse aussi de ce pays et de son peuple !

Datheesh qui s'en retourne dans son Kérala qu'il n'avait jamais quitté nous présente Julian, apprenti guide et ami de Sunil, qui souhaite nous accompagner "no money" pour nous faire découvrir la ville. Il tombe bien, on recherche de l'huile de santal car c'est la spécialité de la ville. Il nous emmène chez son tonton, et on se retrouve dans un "cabinet de docteur ayurvédique" qui nous fait à chacun une " consultation / démonstration / vente" d'huiles en tout genre et d'encens bio.

Du bois de santal pour maigrir, du jasmin pour la circulation du sang, du nénuphar  comme anti-moustique... toutes ont des qualités médicinales lorsqu'elles sont pures (ce qui n'est pas le cas de celles qu'on trouve dans les marchés, très peu chères et diluées à l'huile de coco). On ressort "odorisés" de partout, les mains, la têtes, le cou, le visage puisque les démonstrations se font en live et l'on sert de cobaye avec au passage des petits massages bien agréables ! On aura appris que Didier ne doit plus manger de riz blanc, de poulet de de porc sauf s'ils sont bio, que Lydia doit manger (même n'importe quoi), que Fabrice est stressé, et moi je dois faire du sport ! Il me manipule un peu le dos, après ça je devrais être en forme pendant 3 jours, il fait craquer le cou des trois autres qui tentent de résister en vain ! Bon, à vrai dire, on est quand même sceptique face au côté très commercial de ce soi-distant docteur de ses réelles compétences médicales mais tant qu'il ne nous fait pas de mal, on rigole bien !

On termine la soirée dans la rue car il y a un festival, une parade avec chameaux, chars, musiciens, un drama (une pièce de théâtre) ultra kitch dédié à Vishnu... et dodo. C'est tout pour aujourd'hui et c'est déjà pas mal !



Publié à 06:58 le aoû. 5, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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20 août MYSORE

Le palais du Maharadja nous en met plein la vue. A la fois kitch, une architecture ciselée, colorée en très bon état. Les salles d'apparat et de spectacles sont incroyables, c'est une véritable féérie. On décide de revenir le voir tout illuminé à 19h.

Après cette bonne mise en jambe (car l'entrée est porte sud), on se perd dans les ruelles marchandes de Mysore et l'on file au marché. C'est le plus beau que l'on ait vu ! Fruits, légumes, épices, s'entremêlent avec les "fabricants" de colliers de fleurs... l'odeur de jasmin est ennivrante.





On prend le bus pour Chamundi, sur une colline à 13 km de Mysore. En haut, se dresse un temple (qui n'a rien d'extraordinaire) puis on descend les 300 marches qui nous mène au Nandi, un taureau gigantesque taillé dans un seul bloc. On attend le bus pour rentrer... qui ne viendra pas, on remonte alors nos 300 marches pour prendre un autre bus... et là c'est apocalyptique !

Instantané :

19h30 : Dès que le bus arrive, tout le monde se rue à l'intérieur sans attendre que les autres descendent, les gens balancent leur sac à travers les fenêtres pour réserver leur place ! On est poussé par le flux et on arrive à trouver 4 places en face les unes des autres. Le bus est bondé, on dira qu'en majorité, les hommes sont assis, les femmes sont debout, la galanterie indienne n'existe pas ! Une vieille dame à l'oeil borgne gangréné se faufile à travers nos genoux et s'assoit sur nos pieds, une jeune femme fait de même pour alaiter son bébé dans le brouhaha général... Et puis trois jeunes filles debout nous parle et demande à Didier de chanter... alors Didier chante Gainsbourg, Aznavour, Brel... et ça fait sourire les gens alors que le bus débaroule la colline. Moment étonnant

En arrivant, on fait un saut au palais pour le voir tout illuminé, c'est Disneyland !!! Des milliers d'ampoules lui donnent un aspect très "parc d'attraction", il perd complètement son volume et ses formes pour n'être qu'on objet illuminé en deux dimensions... C'est bien le jour et la nuit... le contraste est saisissant !

Pas de film Bolliwood, il n'y en a pas à Mysore et il est trop tard pour un film Tamoul. On finit la soirée dans les boutiques de tissus avant de trinquer à la Chartreuse pour la fin de notre voyage ensemble... mine de rien, ça fait quand même 10 jours qu'on est ensemble avec Lydia et 8 avec Fabrice et on a passé de chouettes moments...

Et puis pour nous c'est J-2... sniff...


Publié à 08:29 le aoû. 4, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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21 août MYSORE

On sent la fin du voyage proche... Ce matin, on dit au revoir à Lydia après un dernier petit dej' puis à Fabrice dans l'après-midi. La journée est tournée vers le shopping, normal, c'est la fin du voyage et nos sacs à dos sont encore moitié vides ! On retourne chez notre "docteur ayurvédique" acheter de l'huile de jasmin pour moi et de l'huile de santal pour Didier car il a décidé de se mettre au régime, la posologie est de 1 goutte pendant 40 jours ! Et on fait le plein d'encens bio car ils sentent particulièrement bon.



Après ça, on dévalise un magasin de tissus d'état : écharpes en soies, pashmira, sari, chemise en soie... la boutique était un vrai bazar en sortant, un tas de couleurs et de matières éclaté !


Entre chaque magasin, une pause "fresh mango juice" en se disant que c'est sans doute le dernier avant longtemps ! De balade en balade, on a découvert différents quartiers de Mysore tout aussi sympathiques que le quartier aux tissus : un marché aux épices où on a acheté du masala et chili pour rien (7rs/100 g soit 0,12 €/100g), on se fait inviter à un mariage mais malheureusement, le temps est contre nous...

En fin de journée, on a plié bagage pour prendre le train de nuit pour Chennaï. 14 heures de voyage sous l'air conditionné. Le voyage retour a commencé et la mélancolie avec...



Publié à 12:23 le aoû. 3, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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22 août CHENNAI

On n'est pas enchanté de terminer le voyage à Chennaï, alors on arrive un peu à reculons... Une fois les bagages posés à la consigne, un dernier masala dosaï avalé, on file vers le Anna Theater prendre nos tickets pour voir un film Bollywood en fin de journée. La séance est prévue à 18h30, c'est parfait pour clôturer notre voyage et la journée à Chennaï avant de rejoindre l'aéroport.



Comme hier, on passe la journée à faire des achats sauf que les ruelles de Mysore se transforment en Avenue Anna Salaï (la plus grande qui traverse tout Chennaï) puis au centre commercial Spenzer Plaza car on n'en peut plus du bruit et de la chaleur ! Et là, c'est le choc, on revient à la réalité, à la société marchande, au toujours plus, toujours mieux. Et comme les autres, on se laisse prendre au piège mais finalement avec bonheur : je trouve deux tenues indiennes superbes et Didier se fait une nouvelle garde robe de rentrée à moindre frais.

C'est l'heure du film, un vrai Bollywood, le dernier Karan Johar "Na de Kabhi Alvidaa Kehna" avec chants, danses, larmes, ralentis, morales et caricatures, c'est un bon moment surtout qu'il est en hindi sans sous-titrage, ce qui laisse beaucoup de place à l'imagination !

Il est 3h15 du matin, on a rejoint l'aéroport avec le dernier métro, l'avion pour Mumbaï a du retard... tous les avions partant d'Inde ont du retard à cause des multiples fouilles de sacs dûes à la paranoïa des "après-attentats". Et puis, dans l'avion, on s'endort, avec des images et des sensations nouvelles plein la tête. Clignez des paupières.




Publié à 12:41 le aoû. 2, 2006 dans F récit de voyage Tamil nadu et Kérala
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